"Une véritable pirouette"

Aux Armes et cætera : "La chanson qui m’a le plus marquée est sans aucun doute la Marseillaise version reggae. Ca m’a fait beaucoup rire, comme souvent lorsque j’entendais les nouveaux titres de Gainsbourg. Il y avait énormément de provocation et d’humour. C’était une pirouette pleine de dérision et d’imprévu. Un vrai moment de bonheur. Je me rappelle avoir interrompu une conversation que j’avais entamée avec une amie qui était venue chez moi, pour mieux distinguer les paroles de la chanson. On a bien rigolé sur le moment, car on se doutait que le titre allait faire du bruit !"
"Je me suis intéressé à lui vers la fin de mon adolescence"

La Javanaise : "Ce titre correspond au véritable personnage de Gainsbourg. A cette époque, il était vraiment lui-même. C’est à ses débuts qu’il a fait ses meilleures chansons. La première fois que j’ai entendu ce titre, je ne pensais pas que c’était de lui. Le personnage commençait déjà à être décadent, vers la fin des années 1970, quand je sortais de l’adolescence. Ce qui m’a beaucoup surpris, c’est qu’il puisse aussi être un poète. La Javanaise a été une véritable révélation pour moi."
"Scotché lors de ma première écoute"

Ne dis rien : "C’est incontestablement son meilleur titre. Son duo avec Anna Karina est mythique. C’est une chanson d’amour très romantique. Les paroles (« Suis-moi jusqu’au bout de la nuit, jusqu’au bout de ma folie ») me font frissonner à chaque fois. Je me souviens très bien avoir acheté le disque au moment de sa sortie. Dès que je suis rentré chez moi, je l’ai écouté. J’ai été scotché par la beauté du texte. Cette chanson a été comme un électrochoc pour moi. Ensuite, j’ai eu la chance de voir le clip de la chanson qui est tout aussi intense."
"J’ai senti l’émotion m’envahir"

Le Poinçonneur des Lilas : "C’est très difficile de trouver un titre qui se dégage du lot étant donné que je suis un fan inconditionnel. Néanmoins, le Poinçonneur des Lilas me paraît être l’une des meilleures. C’était la période de ses grands débuts. On distinguait encore bien sa voix, c’était poétique. J’étais très jeune lorsque j’ai entendu cette chanson pour la première fois, dans les années 1970, avec des amis. J’ai senti une certaine émotion m’envahir lorsque j’écoutais les paroles. J’ai d’ailleurs eu la chance de le croiser une fois rue de Verneuil. Il sortait d’un café. C’était un personnage vraiment étonnant. Sa sensibilité et sa déchirure sortaient vraiment de lui. Depuis ma première écoute, je note le nom des albums que j’ai sur un petit carnet et j’essaye d’enrichir ma collection au maximum. Une passion que j’ai d’ailleurs transmise à mes enfants !"
"Mes parents l’écoutaient souvent"

Le Poinçonneur des Lilas : "C’est un classique qui m’a marqué car c’est le premier que j’ai connu du répertoire de Gainsbourg. A l’époque j’étais enfant et mes parents l’écoutaient souvent. La radio diffusait énormément les tubes du chanteur. Au début, ça me passait un peu au-dessus de la tête, je ne savais pas qui il était. C’est surtout à partir des années 1970 que je me suis intéressé à son répertoire. Son virage artistique m’a beaucoup intrigué. Ses périodes avec Brigitte Bardot et Jane Birkin ont été un vrai déclic pour moi."
"Je l’ai découvert en cours de musique"

La Javanaise : "Cette chanson me fait tout simplement rêver. C’est toujours un bonheur de pouvoir l’entendre. Mais ma première écoute du répertoire de Gainsbourg remonte à mes années au collège, à Strasbourg. Mon professeur de musique nous avait fait apprendre Le Poinçonneur des Lilas. J’avais à peu près 12 ans et ça a été une découverte. Depuis, j’ai l’impression que Serge Gainsbourg m’est familier. C’est l’une des personnalités pour lesquelles je me déplace volontiers.
Gainsbourg 2008 : l’expo fumante
Ouverte jusqu’au 1er mars 2009 à la Cité de la Musique, l’exposition consacrée à Serge Gainsbourg retrace la vie de l’artiste sous toutes ses coutures.
Une belle réussite. On peut détester ou adorer le personnage, mais l’exposition sur Serge Gainsbourg, ouverte jusqu’au 1er mars 2009, ne devrait laisser personne insensible. D’abord dans sa conception. Véritable labyrinthe de totems de sons et d’images, l’exposition chamboule les visiteurs. Perdus dans un fouillis étourdissant, les curieux se baladent dans un univers sombre, volontairement inspiré par Frédéric Sanchez, le commissaire de ‘Gainsbourg 2008’. « J’ai les idées claires dans le noir », déclarait d’ailleurs l’ancien mari de Jane Birkin.
En entrant dans la grande salle obscure, le visiteur découvre que la vie du dandy touche-à-tout se découpe en quatre périodes chronologiques (La période bleue (1958-1965), Les Idoles 1965-1969), La décadanse (1969-1979) et Ecce Homo (1979-1989)). Eclectique, Serge Gainsbourg est montré sous tous ses talents. Peintre, cinéaste, acteur, auteur-compositeur-interprète. Rien n’est oublié. Les objets de collection dévoilent également un aspect inédit de la vie du père de l’actrice Charlotte Gainsbourg. ‘L’Homme à la Tête de Chou’, les vieux manuscrits gribouillés par l’artiste ou sa collection de décorations militaires, récupérées auprès des Forces de l’Ordre, témoignent du caractère intimiste de l’exposition. Dix-sept ans après sa mort, Serge Gainsbourg reste un incontournable de la culture française. Preuve de la marque des grands.