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Big Brother fait toujours peur

mardi 1er décembre 2009, par Clément Bourdin

Alors que le Conseil de Paris va se prononcer sur l’installation d’un système de « vidéo-protection » dans les rues de la capitale, le Comité Démocratie et Liberté a organisé ce lundi une manifestation pour alerter l’opinion.

Lundi 18h30, parvis de l’hôtel de ville à Paris. Une cinquantaine de personnes se sont réunis sous la bannière du Comité Démocratie et Liberté (CDL), qui regroupe notamment les Verts et la Ligue des Droits de l’Homme.

Le CDL, manifeste lui contre le plan de la Mairie de Paris qui prévoit d’installer un millier de caméras d’ici 2011 dans les rues de la capitale. Parmi les manifestants, Sylvain Garel (voir interview), co-président du groupe Vert à Paris, attend le début du vote, repoussé à 19 heures. « On est parti pour faire durer ce vote jusqu’à vendredi » raconte-t-il aux quelques journalistes présents qui l’entourent. Pendant ce temps, les manifestants exhibent leurs pancartes et déplient leur banderole orange qu’ils accrochent aux grilles de l’Hôtel de Ville. Et comme pour mieux faire passer le message, des « hommes-caméras » masqués d’une caméra en carton circulent parmi les passants. « Attention, on vous fiche ! » lancent-ils à la cantonade. L’un d’eux, militant du Parti de Gauche s’explique : « On veut nous faire croire qu’il s’agit de vidéo-protection, que ces caméras vont permettre de retrouver tous les petits délinquants. En réalité, il s’agit de vidéo-surveillance, avec tous les problèmes que cela implique. Des sociétés privées vont gérer en partie ce système. Quid du droit à l’image et du contrôle de l’utilisation des enregistrements ? D’autant plus que la CNIL a été mise de côté au profit d’un conseil de déontologie qui n’a aucune légitimité. Par ailleurs, en habituant les gens aux caméras, cela va provoquer une baisse des rapports humains. »

Toutes ces revendications se retrouvent dans les multiples documents distribués aux manifestants, dont Stéphane et Véronique, venus de Goussainville. « Nous avons pris connaissance tout ça il y a peu de temps racontent-ils. Nous sommes venus pour voir comment la manifestation se déroulerait et pour s’informer. » Pour répondre à toutes leurs interrogations, un débat est organisé mardi au centre culturel La Clef (21, rue de la Clef, Paris 5e) à 20h30.


Trois questions à Sylvain Garel, co-président du groupe Vert au Conseil de Paris

Pourquoi êtes-vous contre la vidéo-protection ?

Nous sommes contre la vidéo-surveillance, puisque c’est de cela qu’il s’agit, car ce projet est coûteux, inefficace et liberticide. Coûteux, car le projet dépassera les 300 millions d’euros sur 15 ans. Inefficace, car à Londres par exemple, un seul crime est élucidé pour mille caméras. Et enfin liberticide car nous seront filmés environs 300 fois par jours.

Vous avez déposés 1000 amendements contre 1000 caméras. Pourquoi ?

Le nombre est symbolique. Il s’agit surtout pour nous de faire en sorte que le vote dure le plus longtemps possible afin qu’il y ait un débat. Nous sommes minoritaire face le PS et l’UMP, c’est le meilleur moyen de lutte que nous avons. C’est d’ailleurs l’arme de toute opposition. Mais si jamais cette loi passe en force, nous irons jusqu’à opposer un recours juridique.

Quelle alternative proposez-vous à la vidéo-surveillance ?

Il faudrait plus de prévention et plus de personnes. Une police de proximité ne peut être que plus efficace que des caméras. Un contact humain régulier a beaucoup plus d’impact qu’un grand nombre de caméra, contrairement à ce que pense Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement qui souhaite déjà installés 2000 caméras.

Clément Bourdin

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