mardi 14 février 2012, par Corentin Vilsalmon
Que symbolise le titre « Born From A Shore » ? Une référence à Bordeaux ? Vincent Bestaven : Pas forcément, non. Ça ne symbolise rien de très défini à vrai dire. C’est l’idée que le rivage est la rencontre de deux univers qui s’entrechoquent. Et de cela émergent toujours des choses intéressantes. En l’occurrence, cet album, c’est un peu le croisement entre l’imaginaire et la réalité.
Quel est cet imaginaire ? C’est tout ce qui peut influencer la création d’un film, de musiques, et de pas mal d’autres choses.
Cela signifie-t-il que tu écoutes beaucoup de bandes originales de films ? J’aime beaucoup les BO de films, oui, mais j’écoute de tout. La musique que je fais est plus en filiation directe avec des artistes indés américains comme Sufjan Stevens. Après j’écoute énormément de choses différentes comme Sandro Perri, que j’aime beaucoup : une constellation d’artistes et de genres.
Serais-tu intéressé pour la bande originale d’un film ? Ah oui carrément ! C’est, d’ailleurs, dans ce cadre-là que j’ai fait l’album. C’est beaucoup d’impressions, de lieux, de situations de vie. Il y a une ou deux histoires mais ce ne sont pas des vraies histoires en tant que telles. Il n’y a pas réellement de fil conducteur, ce n’est pas un concept album.
Comment s’est créé le projet Botibol ? À l’époque où j’étais dans un groupe de rock, j’enregistrais en parallèle des sons sur mon ordinateur, la nuit, dans mon petit appartement. Dans ma cuisine, dans une chambre, n’importe où. J’essayais d’utiliser au mieux l’acoustique de mon appartement. Puis j’ai posté des chansons sur le site communautaire MySpace. Ensuite des salles de concert sur Bordeaux m’ont contacté pour des concerts. J’ai commencé à tourner en solo, j’ai sorti un EP (ndlr : pour Extended Play, mini album) que je distribuais après mes concerts. C’est ce qui m’a permis de rencontrer le label « Hiphiphip » qui m’a proposé d’enregistrer un disque à Clermont-Ferrand. Et depuis, le CD est sorti (le 14 novembre dernier, ndlr). Maintenant Botibol sur scène, c’est trois musiciens. C’est un peu plus énergique que l’album.
Comment as-tu arrangé l’album pour l’exploiter sur scène ? Et bien du coup, il y a beaucoup moins d’instruments sur scène, c’est le trio classique basse/batterie/guitare. Il y a un peu de samples, aussi. Le rendu a un côté plus puissant que sur l’album. (Antoine, le bassiste du groupe sur scène, entre dans la pièce et s’installe sur un fauteuil) Donc il n’y a pas de piano, c’est un peu plus dépouillé. Les chansons sont resserrées sur le squelette et c’est plus énergique.
« Le second album sera peut-être plus fou, il aura peut-être une forme de psychédélisme... »
Comment as-tu vécu le passage entre un enregistrement maison à un enregistrement en studio professionnel ? La différence principale est dans le son. Parce que lorsqu’on travaille chez soi, on a beaucoup de temps à y consacrer mais on a peu de matériel. On peut avoir beaucoup d’idées mais c’est vrai que la mise en forme est parfois difficile à faire seul. En revanche, en studio, comme j’étais déjà habitué à bidouiller, j’ai fait la même chose à ce moment-là, sauf que ça se passe sur un temps plus réduit. En l’occurrence ça a duré dix jours, cela a demandé un gros travail de préparation. L’album était donc déjà prêt, en tout cas dans ma tête, et la plupart des chansons étaient maquettées avant d’arriver en studio.
Et toi Antoine, joues-tu un rôle dans le projet Botibol en dehors de l’accompagner sur scène ? Vincent : Justement, on commence à composer à trois maintenant. On revisite les morceaux pour le live donc ça représente une certaine forme de composition. Antoine : C’est une relecture. C’est vrai que le disque est très arrangé alors quand on te propose de rejoindre Botibol dans une formule à trois, tu ne sais pas vraiment comment appréhender la chose. Mais Vincent a beaucoup d’idées, il en a pour trois, pour dix.
Cela veut-il dire qu’un second album est déjà en préparation ? Vincent : Il est en ligne de mire. Il y a un EP de quatre titres qui va sortir très bientôt, au cours du printemps, qui a été enregistré à Bordeaux cet été. En attendant, on bosse le live. Et après, il y aura le prochain album, qui je pense sortira en 2013. Si on n’est pas tous morts d’ici là... (rires)
Est-ce que cela ressemblera à ce que vous réarrangez pour le live ou plus similaire au premier album ? Vincent : Ce sera encore autre chose, je pense : plus sombre, plus mystique, je ne sais pas. Il y a de la mélancolie dans « Born From A Shore » mais il y a aussi de la joie. C’est entre les deux, c’est spécial. Mais je ne sais pas comment il sera, on verra. C’est la surprise. Peut-être un peu plus fou, peut-être une forme de psychédélisme... Mais il n’y a pas vraiment de morceaux écrits pour l’instant donc c’est difficile d’en parler concrètement.
Botibol le groupe sera également en concert à Bordeaux le 28 mars, à Limoges le 29, à Saintes (17) le 21 avril, et de retour à Paris au Point Ephémère le 24 avril.