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« De l’esclavage moderne »

lundi 30 novembre 2009, par Julien Van Caeyseele

Le travail illégal revient sur le devant de la scène, Xavier Darcos, ministre du Travail, a annoncé des mesures répressives contre les entreprises « hors-la-loi ».Trouver du travail sans avoir la nationalité française est un parcours semé d’embuches.

Cheick Camara attend sa régularisation et rêve d’ouvrir sa société d’import-export entre la France et l’Afrique

Depuis plus d’un mois, près de 5 000 travailleurs sans-papiers sont en grève dans des entreprises de la région parisienne, et bloquent des secteurs tels que la restauration, le bâtiment et les agences d’intérims. « Ma mission est de combattre le travail illégal sous toutes ses formes » a indiqué Xavier Darcos dans une interview au Parisien. Le ministre du travail a évoqué son plan de lutte contre le travail illégal et menace les entreprises qui emploient des travailleurs en situation irrégulière.

Cheick Camara est sans-papier, il a travaillé dans l’hôtellerie et la restauration mais a décidé d’abandonner car selon lui, le statut de sans-papiers s’apparente à de « l’esclavage moderne ». « Le sans-papier n’a aucun droit, il doit être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 » précise ce Malien arrivé en France en 2002.

Prête-nom

Il existe différents moyens pour travailler : faux titres de séjours, travail au noir mais le plus courant reste le système du prête-nom. « Il faut trouver une personne qui est en situation régulière et on se sert de ses papiers pour travailler » indique-t-il. Mais il y a un revers à la médaille, il faut vite retirer l’argent de la paye car la personne qui prête les papiers ponctionne souvent l’argent sur le compte. « Dès que la paye tombe il faut aller au distributeur et retirer le maximum […] pour le reste de la somme ils nous le payent en monnaie de singe » poursuit-il. C’est une expérience que Cheick Camara ne veut pas revivre, il attend donc sa régularisation avec impatience. Une fois qu’il aura la nationalité française, il rêve de créer sa société d’import-export entre l’Afrique et la France.

Comble de l’ironie, la plupart de ces travailleurs cotisent et payent des impôts. Ils souhaitent donc obtenir un cadre clair de régularisation par le travail. « Ma régularisation je la désire pour accéder aux droits du travail et ne plus être soumis au chantage de certains patrons » affirme-t-il. Mais le travail au noir est un véritable parcours du combattant et la régularisation reste le sésame obligé pour obtenir un travail légal.

Le travail pour les sans-papiers est une épreuve très difficile à vivre : « On est humilié par cette situation, on vit avec un couteau sous la gorge et on se sent toujours traqué » conclut-il. Pour lui, « si on simplifie la régularisation, il y aura moins de travail illégal ».

Julien Van Caeyseele

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