jeudi 26 novembre 2009, par Johanna Amselem
« Gymnase des Patriarches, bonjour ! », pour la centième fois depuis le matin, le jingle sonnerie retentit dans ce centre de vaccination du 5ème arrondissement de Paris. « Le nombre de personnes qui viennent se faire vacciner est en constante augmentation », explique Marine Foisil, étudiante de 24 ans en troisième année dans une école d’infirmière de Paris. La jeune fille voit d’un mauvais œil sa réquisition d’office : « J’avais un stage très intéressant et à la place je dois venir tous les jours vacciner. C’est beaucoup moins formateur pour ma dernière année. » Elle doit aussi faire face à l’impatience des candidats à la vaccination. « Vendredi ils étaient 200 à venir et aujourd’hui plus de 400 personnes ont poussé la porte du gymnase » soupire l’étudiante.
Après une fiche médicale dûment remplie, chaque personne est orientée vers un médecin. Il faut compter, dans ce centre, plus de 45 minutes avant d’arriver dans le box, où le personnel médical procède à la vaccination. La découverte de la mutation du virus de la grippe A, les décès de personnes en bonne santé, l’apparition du vaccin sans adjuvant et les déclarations alarmistes de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, ont finalement poussé les Français à sortir leurs bons de vaccination. De l’ordre d’un millier au début, celles-ci ont dépassé les 2000 par jour depuis le 18 novembre dernier. En Ile-de-France, 15 649 personnes ont été vaccinées. Les femmes enceintes et les familles avec des jeunes enfants sont majoritaires. C’est le cas de Cécile, 33 ans, venue se faire vacciner avec son enfant de sept mois. « J’ai peur de la grippe et je devais faire ce vaccin pour protéger au maximum mon enfant. » De nombreuses questions reviennent fréquemment dans les centres de vaccination. « Quels sont les effets des adjuvants ? Est-ce que je dois revenir pour une deuxième injection ? Connaissez-vous les effets secondaires du vaccin ? » résume Pauline Neveu, une étudiante en troisième année à l’école d’infirmière de Melun (77). « Un joyeux bordel »
Le bon est nécessaire pour avoir accès au vaccin. Mais quand un enfant l’a reçu toute la famille peut recevoir une dose. Etienne Lesecq, cadre formateur en IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) est venu se faire vacciner car trois de ses enfants sont atteints d’asthmes. « Je suis aussi réquisitionné dans un centre de vaccination. Je comprends la polémique mais je reste assez fataliste sur les effets secondaires possibles du vaccin » affirme-t-il. Avant de déplorer de nombreux problèmes dans l’organisation des centres : « Le circuit administratif n’est pas au point et il y a un souci d’intimité dans les box. C’est un joyeux bordel ! ».
C’est maintenant au tour des écoliers de se faire vacciner. Dès mercredi, la campagne de vaccination volontaire débutera dans les établissements scolaires.