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Du Rose Bonbon au Stade de France

jeudi 1er avril 2010, par Laetitia Reboulleau

Entre une tournée qui affiche presque complet et la préparation d’un concert au mythique Stade de France, le groupe Indochine ne chôme pas. Retour sur le passé de son créateur et leader, Nicola Sirkis.

C’est à Anthony, le 22 juin 1959, qu’est né Nicolas Sirchis, plus connu aujourd’hui sous le nom de Nicola Sirkis. A peine 2 ans après sa naissance et celle de son frère jumeau Stéphane, la famille s’expatrie à Bruxelles, en raison d’une mutation du père de famille. Le divorce de leurs parents entrainera le placement des deux inséparables frères au pensionnat catholique d’Estampuis, ou Nicolas deviendra rapidement premier de sa classe. Il dévore les ouvrages de Victor Hugo, d’Arthur Rimbaud et d’André Breton. Sa véritable révélation musicale à lieu en 1975. C’est le disque de celle qui deviendra son idole, Patti Smith, qui lui ouvrira définitivement les yeux : « Le rock, la musique, la poésie, être contre tout, c’était la bonne solution. (Ce disque) m’a fait prendre un choix ». Ce n’est cependant qu’à la fin des années 70 qu’il connaitra sa première expérience de la musique, en tant que manager du groupe Les Espions.

Les jumeaux Sirkis, Nicola et Stephane

Crédits photo : bemydog

La naissance d’Indochine

De son expérience de manager, Nicolas retiendra deux rencontres : Dominique Nicolas, bassiste des Espions et Dimitri Bodiansky, saxophoniste refusé par ce même groupe. Le trio commence la composition d’un répertoire susceptible de lui ouvrir des portes et ce baptise Indochine, en raison de la résonnance asiatique et des goûts littéraires de Nicolas. Ce dernier connaitra sa première expérience de la scène le 29 septembre 1981, au Rose Bonbon, rémunéré en boissons. Mais le véritable enjeu ce joue en coulisses, où Didier Guinochet, envoyé par Pathé Marconi, est séduit par le groupe. Il enregistrera le premier single du groupe, « Dizzidence Politik ». Stéphane devient le guitariste du groupe qui assure les premières parties de Comateens, de Depeche Mode, et de Taxi Girl. Dès lors, l’évolution de Nicolas, qui devient Nicola Sirkis, nom plus accrocheur, devient indissociable de celle d’Indochine. La sortie en janvier 83 du single « L’aventurier » propulsera le groupe au sommet du hit parade. Naviguant entre critiques et encensements, Nicola résiste, à la tête d’une formation qui ne cesse d’évoluer. Les départs et arrivées s’enchainent au sein du groupe, les succès vont, viennent et ne se ressemblent pas. Passionné d’écriture, Nicola s’essaye à la littérature en 98 et publie un recueil de nouvelles, écrites en parallèle de l’élaboration de l’album Wax, en 95. Les Mauvaises Nouvelles, aux éditions Jean-Claude Lattès, surprennent, mais pas tant que ça. On retrouve en effet de nombreux parallèles entre ces nouvelles et les chansons du groupe. L’arrivée d’Olie de Sat, marque un tournant. Indochine entre dans une ère de rock plus sombre, inspiré notamment par la formation fétiche d’Olie, Nine Inch Nail. Le groupe semble repartir de plus belle, mais un terrible évènement mettra en péril son avenir. Le 27 février 1999, des suites d’une hépatite foudroyante, Stéphane Sirkis meurt. Anéanti, Nicola se retire de longues semaines en Bretagne, et a la ferme intention de mettre fin à l’aventure Indochine. Cependant, la dernière volonté du guitariste était de voir le groupe perdurer. Nicola s’y investit totalement, seul moyen de se sortir de l’apathie dans laquelle le décès de son inséparable jumeau l’avait plongé. Il entame l’enregistrement de « Dancetaria », dont certains textes bouleversants, écrits avant la mort de Stéphane, paraissent alors teintés d’un halo prémonitoire.

Indochine en 2009

Crédits photo : bemydog

Des météores au Stade de France

L’album Paradize marque le grand retour d’Indochine, en 2002. Depuis, les tournées évènements et les albums s’enchainent. Nicola reste le seul membre originel du groupe, et rassemble avec ses chansons plus de trois générations. L’année 2009 marque les 50 ans du chanteur, qui pour l’occasion offre à ses fans un nouvel album, « La République des Météores », ainsi qu’une tournée Sold Out, à laquelle des dates ne cessent d’être ajoutées. Le 26 juin prochain, le groupe fêtera ses trente ans dans l’enceinte du mythique Stade de France, raison pour laquelle le quiqua au corps de jeune homme n’a pas hésité à poser nu. Les fans craignent certes que ce soit une façon de marquer la fin d’un des plus grands groupes français, mais si cela devait être le cas, quoi de mieux pour tirer un trait en forme d’apothéose ?

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