mercredi 2 décembre 2009
C’était la dernière mesure prise par Pierre Gadonneix avant de quitter EDF au profit d’Henri Proglio. Initiée en septembre dernier lors d’une visite d’Etat à Moscou, le géant électrique français s’apprête à prendre 10% de participation dans le futur gazoduc géant South Stream. Piloté par Gazprom, premier producteur mondial de gaz, ce projet d’envergure traversera la mer Noire et se divisera en deux branches vers l’Italie et l’Autriche.
Cet accord stipule que les modalités de la participation d’EDF dans le projet South Stream seront étudiées conjointement avec l’italien ENI, qui détient actuellement 50 % de South Stream AG, la société en charge de la construction de la section sous-marine du projet. L’accord précise également que l’entrée d’EDF dans South Stream prévoit la signature de nouveaux contrats de long terme dans la fourniture de gaz naturel. Il permettra à Gazprom de sécuriser la vente de ses ressources en gaz auprès d’un partenaire européen de confiance, et à EDF, qui a manipulé en 2008 un volume de 29 milliards de m3 de gaz en Europe, d’obtenir une garantie d’approvisionnement en hydrocarbures en provenance de Russie. On se souvient de la rupture des livraisons russes transitant par l’Ukraine en 2006-2007, puis au cours de l’hiver 2009 ont laissé des traces. L’Union européenne et la France ne veulent plus être l’otage du conflit russo-ukrainien. Il est également prévu qu’aux termes de cet accord, EDF et Gazprom pourront élargir leur coopération dans le domaine de l’électricité, en France et hors de l’Hexagone. Pour Henri Proglio, « cet accord permet à EDF de franchir une étape majeure dans sa stratégie visant à sécuriser ses approvisionnements en gaz naturel à la fois pour l’alimentation de ses propres moyens de production d’électricité et pour la commercialisation d’offres gaz naturel auprès de ses clients. »
GDF et Total en embuscade
Les autres leaders énergétiques français ne sont pas en reste. Total est déjà un partenaire de Gazprom sur le projet d’exploitation d’un champ géant d’hydrocarbures (Chtokman), le groupe pétrolier cherche aussi à obtenir l’accès à d’autres sources dans le pays. GDF est également un important client de Gazprom dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement de long terme signé en décembre 2006. Le distributeur français devrait aussi voir sa participation grimper à 9% dans le projet jumeau de gazoduc Nord Stream, traversant la mer Baltique, moyennant la cession de 5,26% de l’allemand VNG à Gazprom.