Dès le mois d’octobre et jusqu’aux prémices du printemps le moral des parisiens est en berne. Lassitude, manque de motivation et d’intérêts dans la vie sociale ou professionnelle, hypersomnie(tendance à trop dormir) et boulimie (trop manger) sont les principaux symptômes de cette maladie qui touche près d’une personne sur huit en France. « Il faut bien faire attention à séparer la dépression saisonnière du coup de blues passager » explique Isabelle Amar-Msika, psychologue. Bien que les causes soient souvent les mêmes, la dépression saisonnière est une vraie maladie, reconnue que très récemment par le corps médical. « La différence majeure réside dans le fait que la dépression hivernale handicape vraiment celui qui en est atteint dans ses obligations quotidiennes » ajoute le docteur Amar-Msika. Bien que principalement féminin, ce syndrome touche aussi les enfants et les adolescents chez qui, il est plus compliqué à déceler de par leur rythme de vie déphasé par rapport aux adultes. Les professionnels de santé ont désormais trouvé une explication biologique pour cette baisse saisonnière de moral. La première cause retenue est celle de la diminution de la lumière naturelle. Les jours raccourcissant, le corps fabrique en compensation plus de mélatonine, une hormone liée au sommeil ce qui agit sur le tonus général et le moral. Le manque de luminosité fait aussi chuter la production d’une autre hormone, la sérotonine (caractérisée d’hormone du bonheur). Résultat : fringales (essentiellement sucrées) et perte de la libido. « Au départ, je ne me suis pas dis que j’étais malade juste que j’avais un coup de blues comme chaque année » témoigne Eva, 28 ans, diagnostiquée sujette à la dépression saisonnière depuis l’année dernière. « La prise de poids et la mauvaise humeur sont des symptômes pas très visibles et c’est quand je suis allée voir mon médecin généraliste pour la troisième fois en deux mois qu’il a diagnostiqué quelque chose de plus profond » explique-t-elle. On peut réduire les effets désagréables des ces troubles saisonniers et garder un maximum d’énergie pour traverser les mois d’hiver en prenant l’air au moins une heure par jour voire plus longtemps les jours gris. « Le mieux c’est de pratiquer un sport en extérieur. La production d’endorphines (hormone du bien-être) aide à lutter contre la dépression saisonnière » explique Dominique Audouin, psychologue. Le sport a donc bel et bien un effet préventif sur cette maladie mais il existe d’autres traitements possibles. Le premier reflexe est de lutter contre la cause principale de cette maladie : la lumière [*voir encadré], avec des séances de luminothérapie dans un établissement spécialisé où à domicile avec des petites lampes portatives. Pour autant, les spécialistes de la question n’en démordent pas : si les troubles saisonniers plonge le sujet dans un véritable état dépressif, il ne pourra s’en sortir qu’avec un suivi psychothérapique. Il existe une vitamine indispensable pour que ces processus s’enclenchent correctement : la vitamine D, qui agit en complémentarité avec le soleil. Certains tests médicaux ont aussi montré qu’un régime favorisant les Oméga 3 pouvait se révéler bénéfique pour le patient. Or la vitamine D et les Oméga 3 se trouvent dans les mêmes sources alimentaires (poissons gras, jaune d’œuf, …) Les régimes alimentaires favorisant la vitamine C et le magnésium ainsi que les yaourts pour leurs vertus antifatigue sont généralement conseillés. Pour finir, il existe des traitements complémentaires en étude, à base de 5-HTP (acide aminé précurseur de la sérotonine), de suppléments de mélatonine ou de millepertuis (plante aux vertus thérapeutiques prescrites pour les autres types de dépressions) mais leur efficacité n’est toujours pas probante. Le mieux serait sans doute de vous faire prescrire une semaine en all-inclusive au soleil par votre médecin traitant mais en attendant que cette utopie se réalise, pensez à prendre l’air… même quand il est froid et humide !
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