"Sur le devant de la vitrine, le verre est transparent mais en réalité, la politique sociale d’IKEA est beaucoup plus opaque », assure Marylène Laure, déléguée CGT chez IKEA. Le problème vient de l’écart entre les profits du groupe et les conditions salariales des employés. Les syndicats ont estimé qu’IKEA France « a réalisé, en 2009, un bénéfice net de 52 millions d’euros ». Des chiffres impossibles à vérifier car la holding propriétaire d’Ikea (Inter IKEA Systems BV) a le statut de fondation charitable, elle ne publie que son chiffre d’affaire (21,5 milliards d’euros en 2009) et pas ses profits. Un manque de transparence criant qui contredit les propos de Stefan Vanoverbeke, le directeur général d’Ikea France, dans une vidéo postée le 18 février sur dailymotion : « le modèle social d’Ikea repose sur une culture de l’égalité et de la transparence ».
Grève historique
Une grève, qualifiée d ’ « historique » par les syndicats a débutée le 6 février « L’entreprise n’est pas pire ou meilleure qu’une autre, l’objectif est de faire de l’argent. Salaires faibles, polyvalence à outrance, pas d’embauches, nous ne voulons pas que ce soit les effectifs qui payent cette dégradation du cadre de travail », poursuit la déléguée. Les salariés réclament une hausse de 4% des salaires alors que la direction propose 1 % d’augmentation collective et 1 % au mérite. Autre protestation, les conditions de travail, viennent ébrécher l’image de cette entreprise qui se présente comme un modèle de gestion sociale. « Après un sondage auprès des salariés, il apparaît que le personnel est très motivé en cas d’échec des négociations », conclut Marylène Laure : la direction est prévenue.