Canal ISCPA - L'information traitée par les étudiants en journalisme de l'ISCPA Paris

Accueil du site > International > Kofi Yamgnane ou l’espoir dangereux du Togo

Kofi Yamgnane ou l’espoir dangereux du Togo

jeudi 14 janvier 2010, par Béryl Chaumeil

Le 28 février prochain, les togolais vont élire leur nouveau président. Le franco-togolais Kofi Yamgnane, ancien membre du gouvernement français, est candidat. Dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, la dictature héréditaire perdure. Le rêve de Yamgnane demeure simplement dans la démocratie.

2010 pourrait bien être l’année du changement au Togo, un changement relatif compte tenu d’un système dictatorial extrêmement solide. Un possible renversement s’incarnerait dans les résultats de l’élection présidentielle du 28 février prochain. Cette date marquera la fin du premier mandat de Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir à l’issue d’une élection anticipée en avril 2005. Il avait succédé à son père, le général défunt Gnassingbé Eyadema qui a dirigé le Togo de 1967 à 2005. Le président n’a pas encore déposé sa candidature même s’il ne fait aucun doute qu’il sera le candidat de son parti, le Rassemblement du peuple togolais (RPT). Face à lui, deux poids lourds de l’opposition : l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo. Une autre pointure de l’opposition, le franco-togolais Kofi Yamgnane. Il est l’Homme qui fait peur à la dynastie Gnassingbé. Le 8 décembre dernier, Lomé a décidé d’expulser Eric Bosc, premier secrétaire de l’ambassade de France au Togo, chargé du suivi de la politique intérieure du pays. Les autorités togolaises reprocheraient à Eric Bosc des contacts répétés avec Kofi Yamgnane. Par mesure de réciprocité, Paris avait à son tour exigé le départ d’un membre de l’ambassade togolaise. Si les tensions diplomatiques sont palpables entre la France et son ancienne colonie, c’est parce-que les élections approchent et Yamgnane représente un réel danger pour Faure Gnassingbé. A 64 ans, il a effectué toute sa carrière politique en France. Ancien secrétaire d’Etat à l’intégration sous Mitterrand, cet ingénieur des Mines a aussi été maire de Saint Coulitz, en Bretagne et député socialiste du Finistère de 97 à 2002. Yamgnane n’en n’oublie pas moins son pays d’origine. De 1991 à 2000, il effectue plusieurs missions de conciliation auprès du pouvoir togolais. En 2003, la crise togolaise atteint son paroxysme avec la manipulation de la Constitution de 1992. L’objectif affiché est de faire de Gnassingbé Eyadema un président à vie. Kofi Yamgnane réagit vivement et se brouille définitivement avec le chef d’Etat. Il est alors déclaré « persona non grata » dans son propre pays, où il ne reviendra qu’en 2008. En 2005, après le décès du président Gnassingbé Eyadema , il annonce sa candidature à l’élection présidentielle du Togo du 3 mars. Finalement il se retire de la course à la fin du mois en raison de la législation électorale du pays. Il soutient alors le candidat unique de l’opposition et dénonce les truquages des élections du 24 avril 2005, appelant la communauté internationale « à refuser toute reconnaissance du régime illégitime installé à Lomé. Le coup d’Etat perpétré le 5 février 2005 au Togo à la suite de la mort du président Gnassingbé Eyadema a trouvé son habillage légal dans la mascarade électorale du 24 avril dernier », avait-il dit sur RFI le 27 avril 2005.En 2009, il annonce officiellement sa candidature à l’élection de 2010. Il fait campagne dans le pays malgré les difficultés auxquelles il se retrouve confronté à cause du régime en place. Il n’a pas le droit de tenir de meetings, il n’a pas accès aux chaînes de télévision et est obligé de renoncer à sa nationalité française. L’Union européenne a octroyé au Togo environ 9 millions d’euros (environ 6 milliards de F.CFA) pour l’organisation de la présidentielle. Cette subvention non remboursable doit permettre aux autorités togolaises d’organiser "des élections présidentielles libres, équitables, transparentes et paisibles, conformément aux standards internationaux", selon un communiqué.

Obstacles

Mais les barrières sont énormes pour le camp de l’opposition. Première difficulté en date : le mode de scrutin. L’opposition réclame un scrutin uninominal à deux tours, ce que rejette le Rassemblement du peuple togolais, parti au pouvoir. L’élection se déroulera effectivement en un seul tour. Le plus grand obstacle reste néanmoins la corruption, malgré les mesures mises en place pour lutter contre les fraudes. L’indépendance du Togo a été proclamée le 27 avril 1960. 50 ans déjà… la situation a évolué péniblement. La démocratie n’a pas franchi les portes du pays et la France garde un œil sur son ancienne colonie. Les togolais doivent maintenant passer de l’espoir à l’action.

Koffi Yamgnane :

« Toute dictature a sa fin ! »

(Kofi Yamgnane pense être sur écoute, par conséquent, la qualité du son n’est pas exellente)

IMG/mp3/bbtogo.mp3
Béryl Chaumeil

Répondre à cet article


Street Reporter   Plan du site | Espace privé | Qui sommes-nous ? | Contactez-nous | RSS 2.0 Suivre la vie du site