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LA BANDE SON DE 2009

lundi 16 février 2009, par Emeline Marceau

Qu’ils soient Français ou étrangers, seuls ou en groupe, rockstars en devenir ou alchimistes électroniques, grosses pointures FM ou jeunes tombés du nid, les artistes à suivre à la trace en 2009

CONFIRMATION FLEET FOXES > Psyché-folk / Etats-Unis

Adoubés par la presse spécialisée et propulsés meilleur groupe de 2008 à la sortie de leur premier album, les Américains de Fleet Foxes devront prouver cette année que les espoirs reposant sur eux sont à la hauteur de leur réputation. Têtes d’affiche de plusieurs festivals européens, les post-hippies de Seattle doivent maintenant prouver qu’ils valent mieux que le pot-un-peu-trop-pourri de la pop pastorale et du folk contemplatif.

GYMNASTIQUE LA ROUX > Electro-pop / Angleterre

Cette jeune Londonienne aux faux airs d’Annie Lennox truste déjà tous les calendriers prévisionnels de la presse anglo-saxonne, du Guardian au NME. De son vrai nom Elly Jackson, La Roux a d’ores et déjà dévoilé l’étendue de son potentiel sur « Quicksand », un hymne synth-pop décomplexé qui conjugue Madonna au plus-que-parfait. A tout juste 20 ans, cette demoiselle qui a commencé dans les house parties de Londres ne perd pas de temps, puisque c’est Polydor qui a décroché la timbale pour son premier album « In For The Kill » dont la sortie est imminente. Assurément, l’aube d’une carrière sur les chapeaux de roue(x).

LE NEZ CREUX FLAIRS > Electro –pop / France

Bassiste de Mellow, d’Alex Gopher ou encore des Hushpuppies et de Benjamin Diamond, Flairs a déjà eu une carrière d’homme de l’ombre avant de se retrouver dans la lumière. Dans la foulée de l’hilarant single « Better Than Prince » (dont le clip a été tourné par les petits malins Jonas & François, déjà à l’origine du D.A.N.C.E. de Justice), il vient de sortir « Sweat Symphony », un premier album remarqué, aux confluents de Bowie, Human League et Roxy Music. En deux mots, moite et flamboyant.

L’HOMME-NISCIENT DAVID SITEK > Rock / Etats-Unis

Enfant du creuset américain, David Sitek pourrait n’être que l’énième homme à tout faire du gotha de Brooklyn : arty et vain. Classé dans le top 10 des personnalités indie les plus influentes par le NME en 2008, le guitariste de TV On The Radio a récemment troqué ses pédales d’effet pour une casquette de producteurs. Après les Yeah Yeah Yeahs, les Liars ou Scarlett Johansson cette année, il remet le couvert avec le prometteur duo Telepathe et Iran, le groupe de Kyp Malone…de TV On The Radio.

LOSER ESSER > Pop-électro / Angleterre

Armé d’un look étrange, d’une coiffure atypique et d’une musique pop parsemée de diversions électroniques et de gimmicks rockab, Esser fait partie d’une nouvelle génération d’artistes transgenre impossible à étiqueter. D’abord percussionniste au sein de Lady Fuzz, ce jeune Anglais s’exerce aujourd’hui en solo sur des titres terriblement accrocheurs et extatiques. « Headlock » ou « I Love You » ressuscitent Beck, et son premier album, programmé pour le mois d’avril, devrait redonner envie d’aimer les losers.

LE GRAND SOIR FRANZ FERDINAND > Rock / Ecosse

Du retour du rock amorcé en 2001, il ne reste plus beaucoup de cadors : les Strokes et Franz Ferdinand. Après deux albums superbement ouvragés qui les ont catapulté dans les grandes arènes, les Ecossais reviennent cet hiver avec « Tonight : Franz Ferdinand », un troisième album plus épique et cavalier. Ce qui leur permet, sans trop se forcer, de conserver une longueur d’avance sur la meute des poursuivants.

LE ROMANTISME DE L’ANGE ANTONY AND THE JOHNSONS > Pop lyrique / Etats-Unis

Personnage d’une grande sensibilité, artiste à l’androgynie largement affichée, Antony Hegarty a tout du freak inadapté. Repéré par Lou Reed en 2001, le crooner lunaire retrouve les Johnsons, après avoir mis les doigts dans le disco grand luxe pour « Hercules & Love Affair ». Déchirant, « The Crying Light » pourrait même surpasser « I Am A Bird Now ». Preuve de l’attente générée par le phénomène, sa date au Grand Rex est d’ores et déjà complète.

ICÔNE ET CLASSE MORRISSEY > Pop / Angleterre

Chanteur emblématique des Smiths jusqu’à la séparation du groupe en 1988, Morrissey s’est bâti en deux décennies une image de héraut pop, voix des parias. Si le dandy secret a connu plus de bas que de hauts dans les années 90 (malgré des cohortes de fans dévoués corps et âmes), il revient aujourd’hui plus confiant que jamais. « Years of Funeral », son nouvel album, creuse le sillon qui a fait sa légende : nonchalant et sophistiqué.

RESSAC PJ HARVEY > Rock / Angleterre

Attendue au tournant depuis la sortie en 2007 de « White Chalk », son sublime album de folk épuré au piano, l’Anglaise devrait incarner la première grosse surprise de ce printemps 2009. Elle rebranchera les guitares et retrouvera sa rage d’antan sur son nouvel album à paraître en mars. Intitulé « A Woman A Man Walked By », il sera composé avec son fidèle collaborateur John Parish. Pour juger de son retour aux sources, deux dates au Bataclan de Paris sont prévues le 17 et 18 mai prochain

INTEMPOREL CHRISTOPHE > Chanson française

Mis à l’index par la presse, moqué par la masse, le chanteur d’ « Aline » et des « Mots Bleus » a effectué un retour fracassant avec « Aimer ce que nous sommes », opus magnum synthétique qui traverse le temps. Ne reste plus qu’à vérifier lors de sa tournée qui débute en mars prochain si celui qui reste l’un des derniers monstres sacrés de la musique française est toujours - comme il l’annonce lui-même - un homme de scène.

LES RETROUVAILLES BRIAN ENO & DAVID BYRNE > Rock / Angleterre

Voilà 27 ans que les deux argentiers en chef n’avaient plus travaillé ensemble. En 1981, Brian Eno débarqué de Roxy Music et David Byrne affranchi des Talking Heads sortaient « My Life In The Bush of Ghosts », album séminal aux sonorités mystiques. Les deux compères viennent de remettre la machine en route avec une nouvelle collaboration, « Everything That Happens Will Happens Will Happen Today ». Comme pour illustrer ce titre prémonitoire, ils seront en concert à l’Olympia de Paris le 25 mars. Un moment rare.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT TURZI > Krautrock / France

Entre un EP martial en 2007 (« Made Under Authority ») et un album remarquable et remarqué, le très sobrement nommé « A », Romain Turzi et ses sbires ressortent de leur tanière pour poursuivre leur entreprise de construction d’un psychédélisme à la française. Explorant toujours une veine krautrock obscurantiste, « B » devrait tenir toutes ses promesses de voyage mental.

SOPRANO POP FREDO VIOLA

De sang italien et américain, c’est pourtant à Londres que ce jeune musicien est né. En Amérique où il grandit, il apprend le piano et le violon et fait partie d’une chorale. Son expérience se ressent d’emblée sur son premier single, « The Sad Song », qui repose presque uniquement sur sa voix, enveloppée et mélancolique. Son nouvel album, « The Turn », paru en février sur le label Because, est un bijou de pop symphonique et d’electronica. Et comme ce musicien ne fait pas les choses à moitié, l’artiste vient également de sortir un DVD de vidéos bricolées à la maison.

SUR LE RING OASIS-BLUR > pop-rock / Anglais

Au milieu des années 90, Oasis et Blur se disputent la place de roi de la britpop, à grands coups de « Parklife » et de « Wonderwall ». Presque 15 ans plus tard, Oasis donne dans le stadium rock de patachon tandis que Blur se reforme après des mois d’atermoiements. Si les deux groupes portent sur eux le poids des années, voilà peut-être l’occasion d’organiser un round supplémentaire dans leur lutte à mort.

PATIENCE JEREMY JAY

Tout vient à point à qui sait attendre. Jeremy Jay doit connaître ce proverbe sur le bout de la langue. Et pour cause, si on lui reconnaît aujourd’hui un talent de compositeur, il a longtemps persévéré avant d’obtenir le moindre succès d’estime. Peintre en bâtiment dans le civil, le californien laid-back et anachronique a sorti en 2008 « A Place Where We Could Go », un bijou de pop lo-fi. Fourmillant d’idées, son nouvel album, à paraître en 2009, y incorpore des éléments de disco glaciale. D’ores et déjà l’un des plus beaux albums de l’année.


INDIE, LA RELEVE

CRYSTAL STILTS Fraîchement débarqué de Brooklyn, New York, les Crystal Stilts viennent pimenter le rock américain. Sur le premier album du quintette, « Alight of Night », on découvre une musique pop et psychédélique, un son cradingue et souffreteux, frappée du sceau noisy de Jesus & Mary Chain. Tandis que la presse anglo-saxonne leur déroule le tapis rouge, ils devraient faire un crochet par la France au printemps.

VIVIAN GIRLS Trois filles, une blonde, une brune, une rousse et le tour est joué ! Non, les Vivian Girls ne sont pas la nouvelle mouture d’un girls group de Phil Spector, mais bien les héritières du mouvement riot grrrl. Sur leur premier album, elles prouvent qu’on peut taper où ça fait mal sans pour autant porter tenues de suffragettes et Doc coquées.

THE PAINS BEING PURE AT HEART The Pains Being Pure At Heart ont beau être originaire des Etats-Unis, c’est pourtant vers la pop anglaise que ces quatre post-ados se tournent avec déférence. Enfant des Pastels, de Creation, de la twee pop et du shoegaze, ils réhabilitent un son écossais et humide qu’on croyait tombé dans les oubliettes des années 90.

Emeline Marceau - phot : flickr

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