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LA GOUAILLE DE ZAZA FOURNIER

jeudi 18 décembre 2008, par Emeline Marceau

Après avoir enchaîné les concerts dans les bars parisiens, la chanteuse atterrit directement dans la cour des grands. A 23 ans, elle a signé son premier album sur une major.

« J’aurai voulu tout faire, être une chanteuse de soul, de rock’n’roll, romantique et soupe au lait, mélancolique et susceptible » dit Zaza Fournier dans la biographie de son Myspace. Cette jeune Parisienne aurait aussi pu annoncer une de ces phrases sans vie tel « J’aurai voulu être un artiste », mais cela aurait été mal connaître la chanteuse. Car la touche de Zaza Fournier, c’est ailleurs qu’il faut la chercher. Son truc à elle ? Avoir l’art et la manière d’exprimer sans langue de bois les ressentis de la vie quotidienne, sans froufrou ni chichi. « En général, quand on dit ‘je n’aime pas ton disque’, le sous-texte est ‘je ne t’aime pas’. Mais, il faut savoir avoir un peu de recul. » admet-elle. Son truc ? Ecrire en gardant un point de vue toujours intime sur les choses : « Même si je raconte une histoire qui ne m’est pas arrivée, je me la suis forcément appropriée car elle est passée par mes mots, mes fantasmes. Au final, j’en ai fait ce que je voulais »résume–t-elle. Son disque éponyme est paru le 13 octobre dernier chez Warner, une major. Un bon début pour une artiste qui n’a jamais vraiment pensé à devenir une star de la musique : « A la base, j’étais destinée à être comédienne. L’année dernière, je prenais encore des cours » se souvient t’elle. Zaza Fournier a beau avoir un caractère trempé en interview, quand on la surprend, sa répartie lui fait parfois faux bond : « C’est Warner qui m’a appelé pour me signer. Quand j’ai répondu, je leur ai dit qu’ils s’étaient sûrement trompés ». Qu’on s’intéresse à elle, cette jeune femme blonde n’arrivait pas vraiment à y croire. « A l’adolescence, j’avais le sentiment de ne pas être à ma place, d’être toujours l’originale de la classe. Alors quand on est venu me chercher chez Warner et qu’on me dit aujourd’hui que ma musique et mes textes parlent à tout le monde, je trouve que c’est un peu bizarre ».

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Rock et accordéon

Bizarre « mais pas désagréable ». Car la période la plus pénible de Zaza Fournier est bel et bien terminée. Fini les petits boulots pour payer les études et avoir de quoi manger. Quelque part dans un coin de sa tête, la Parisienne faisait déjà grandir son désir de scène et de composition. « Je crois qu’en réalité, le processus d’écriture a toujours été en moi ». Petite fille, Zaza Fournier faisait ses gammes et apprenait le solfège : « A la maison, il fallait que j’apprenne à jouer d’un instrument. J’ai donc fait six ans de violon mais je n’étais pas très bonne » avoue t’elle. Puis au fur et à mesure des années, les décisions se font plus claires, Zaza franchit le cap : « A un moment, j’en ai eu marre, je me suis dit que j’allais essayer de chanter dans la rue, à Beaubourg, dans des endroits où tout le monde pouvait se produire ». Sitôt dit, sitôt fait. A la vingtaine, Zaza Fournier s’est donc mis à sillonner les bars parisiens, aidée de son fidèle accordéon, « un instrument qui à de l’humour et qui peut être rock » assure t-elle. Le temps, l’acharnement et l’effort ont fini par faire le reste : « A force de jouer dans les bars, on a commencé à me proposer des concerts payés ». Une fois ses maquettes de chansons réalisées avec deux amis musiciens, l’enregistrement d’un album n’était alors que la suite logique des événements.

L’Ipod sur scène

Sur scène, Zaza Fournier chante des textes alliant douceur et provocation, émotions et fantasmes, le tout servi sur des airs de pop, de rock et de chanson toujours entraînants. Toute seule, elle est indépendante (« Pas besoin de payer les musiciens ») et fait avec les moyens du bord. Car à défaut d’être toujours originale sur disque, Zaza Fournier à ce particularisme scénique qui fait toute la différence : en concert la demoiselle joue avec un Ipod. Si elle a grandi avec les disques de ses parents - ceux d’Edith Piaf, de Mozart ou de Julien Clerc -, sur son album, Zaza rend surtout hommage à la soul américaine et au romantisme des années 60. « Sur ‘Mon Slow ‘, j’ai voulu faire un vrai slow à l’américaine comme sur les disques d’Al Green. On a tous dansé sur des slows ».Pour ceux qui en douteraient encore, rendez vous au Sentier des Halles à Paris du 4 au 6 décembre, où Zaza Fournier offrira trois concerts.

Crédit photo : DR

Emeline Marceau

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