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LE SON, OBJET DE MYSTERE

lundi 19 janvier 2009, par Emeline Marceau

La 6e édition de la Semaine du son propose jusqu’au 25 janvier d’aborder dans plusieurs villes de France la thématique du son sous différents angles. Elle examine notamment la relation entre la matière sonore et l’image.

A combien de décibels (Db) peut-on porter sa voix ? A quel risque auditif est –on exposé quotidiennement ? A combien de décibels chuchotons nous ? La 6e édition de la Semaine du son, dirigée par Christian Hugonnet, Président de l’association éponyme, répond à toutes ces questions et à bien d’autres encore. Organisée du 13 au 25 janvier dans 27 villes de France, la manifestation propose des conférences, rencontres, débats avec des professionnels du secteur (musiciens, ingénieurs, acousticiens, spécialistes de l’audition, etc.), traités sous un angle culturel, médical, environnemental ou encore social. Dans une optique de pédagogie et d’enseignement, elle met en avant le domaine sonore afin d’éduquer la société à ses enjeux souvent méconnus. « Le son a toujours été considéré comme le parent pauvre par rapport à l’image. En France, il y a un manque de culture sonore, pas seulement d’un point de vue musical, mais de manière générale » déplore Mehdi Aït Kacimi, responsable de la Communication au sein de l’école Louis Lumière, basée à Noisy-le-Grand et spécialisée dans les métiers du son et de l’image. « Les gens ne font plus attention à ce qu’ils entendent car notre oreille est habituée à certains sons. L’attention d’écoute est en revanche plus grande lorsque ces gens sont dans une situation inconnue » poursuit Stéphane Lamy, Directeur des études adjoint et Département son de l’Institut international de l’image et du son à Saint-Quentin en Yvelines. « C’est un terrain où il reste encore beaucoup de choses à découvrir, notamment en termes physiologiques ou concernant sa reproduction spatiale ». Une chose est sûre : le son passionne autant qu’il rebute ou questionne les foules.

Le son fait son cinéma

Parmi toutes les thématiques abordées, la Semaine du son propose notamment une réflexion sur la relation qu’entretient le son avec l’image, l’espace urbain, le cinéma. Comment réalise-t-on une identité sonore ? Le son est –il aussi efficace que l’image pour retranscrire une réalité ? L’univers sonore peut –il révolutionner celui du multimédia ? Vaste champ d’expérimentation sur lequel aucune vérité n’est réellement admise mais qui demeure toujours d’actualité dans une société où les nouvelles technologies de production et de communication ne cessent de prendre de l’ampleur. Loris Bernot, mixeur de musiques de films et assistant technique pour le cinéma et la télévision, analyse l’importance du son : « Son rôle dépend du type de film ou d’image. Le son peut amener une trame subjective ou être un élément plus frontal. Il doit jouer sur nos sens et notre ressenti, sans jamais pour autant passer devant l’image ».

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Une voix forte émet 80 décibels.

Trois questions à …

Rémy Adjiman, enseignant-chercheur au Département Satis (Sciences Arts et Techniques de l’Image et du Son) à l’Université de Provence

Que peut apporter le son par rapport à des images auxquelles il est associé ? Une qualité infinie d’informations. Le son est là pour renforcer la réalité, ménager un doute, rendre compte d’une translation temporelle ou spatiale, bref, pour recréer un monde. Je crois que l’ouïe est beaucoup plus créatrice que l’œil car les sons poussent à inviter leurs propres images. Si je peux remplacer un décor par un son, je préfère prendre le son. Cela présente l’avantage de donner libre cours à l’imagination et de suggérer les choses sans les montrer.

Existe-t-il une manière précise de travailler le son avec les images ? Il existe une manière industrielle bien-sûr, avec des chaînes de production standardisées qui cadrent les étapes de travail. Mais il est toujours possible d’avoir des espaces de création même si la productivité les contraint. Même lorsque les processus sont cadrés, le réalisateur, le chef opérateur du son, le monteur son, le mixeur peuvent terriblement influer sur le résultat. D’ailleurs, certains créateurs refusent de se laisser enfermer et revendiquent leur propre méthode.

Comment voyez-vous l’avenir des métiers du son ? Cela dépendra de ce qui est fait dans le multimédia dans les années à venir. Il faut privilégier les installations interactives, les créations ou les installations muséales. Sans pour autant se rebiffer lorsque l’audiovisuel devient une industrie avec un poids économique fort, car c’est un rempart contre la précarité.

Propos recueillis par Emeline Marceau

Crédit Photo : Flickr

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