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La Guadeloupe s’enlise

lundi 16 février 2009, par Emeline Marceau

L’île est entrée dans sa troisième semaine de grève. Ses habitants doivent faire face à un service public et une économie paralysés.

La Guadeloupe sortira t-elle de la crise dans laquelle elle est engouffrée ? La question se pose même si les négociations entre le gouvernement et les syndicats de l’île laissent présager une éventuelle sortie de crise. Mardi 10 février, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, et deux médiateurs ont été dépêchés en Guadeloupe par le Premier Ministre François Fillon. Leur but : mettre fin à la grève générale, initiée le 20 janvier par le comité Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP). Si au sein du gouvernement on tente de rester placide, le son de cloche est très différent du côté des Guadeloupéens qui affichent leur vive inquiétude. Une inquiétude d’autant plus contagieuse que la grogne s’étend désormais dans d’autres départements d’Outre-Mer.

130 millions d’euros perdus

Réunis en un « collectif contre l’exploitation outrancière », manifestants, syndicats, partis locaux réclament une meilleure situation socio-économique de leur île, confrontée notamment à de forts taux de chômage (27%) et de pauvreté (12 ,5 %) et à des prix trente fois plus chers qu’en métropole. Chaque jour, le conflit s’amplifie si bien que la Guadeloupe aurait déjà perdu 130 millions d’euros depuis le début de la contestation. Stations-services en rade d’essence, grandes surfaces, banques, universités, tous ces secteurs sont fermés et paralysent l’économie du pays et le quotidien des habitants.

Les compagnies pétrolières accablées

Pour apaiser les tensions, le gouvernement a d’ores et déjà validé plusieurs mesures en faveur des Guadeloupéens dont une baisse du prix du carburant, une revalorisation de 20% des aides à la restauration scolaire et la mise en place du RSA. Le coût de leur mise en place s’élèverait, selon l’entourage d’Yves Jégo, à 100 millions d’euros. Mais la principale doléance des contestataires -qui porte sur une augmentation de 200 euros pour les bas salaires- est toujours confrontée à un véto gouvernemental. « L’Etat ne saurait se substituer aux partenaires sociaux » a expliqué François Fillon.

Pour amplifier le conflit, un document accusant les compagnies pétrolières de s’enrichir sur le dos des consommateurs a été rendu au secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, mercredi 11 février. Le texte indique que « les services de l’Etat sont incapables de justifier la base de calculs » servant à la fixation, par les préfets, des prix du carburant en Guadeloupe, Martinique et Guyane. Yves Jégo devra prendre son mal en patience et s’attendre à des jours encore difficiles.

Emeline Marceau - photo : Flickr

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