Ici, ce ne sont pas des plaques qui indiquent le nom des rues, mais des bulles. A chaque coin de rue, les passants ont l’occasion de faire plus ample connaissance avec Gaston, Astérix et bien d’autres personnages de bandes dessinées peints sur les murs. Bienvenue à Angoulême. Une ville qui a fait de la BD un art et un style de vie à part entière, au point d’y consacrer un festival, chaque année, depuis déjà 38 ans. Du 27 au 30 janvier se sont déroulés les 4 jours du Festival International de la Bande Dessinée (FIBD), évènement incontournable pour tous les auteurs, éditeurs et fervents adeptes du 9ème art. Un festival qui a tient vraiment à cœur des Angoumoisins et de leur maire, Philippe Lavaud, pour qui le FIBD est « un investissement permanent et durable (…), car la bande dessinée a prouvé depuis belle lurette qu’elle est un formidable instrument pédagogique ». Le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand n’est pas en reste, et considère quant à lui que si la BD est un secteur qui « vit des heures difficiles », elle n’en reste pas moins un secteur créatif avec « un tsunami de productions ».

Comme chaque année, le festival a réunit sur quatre jours plusieurs milliers de visiteurs, venus de partout dans le monde. Et comme les festivités ne se cantonne pas à un bâtiment, mais est répandu dans diverses « bulles » réparties à travers toute la ville, c’est l’occasion où jamais d’arpenter les rues d’Angoulême, dont nombreuses sont piétonnes. Ici aussi, l’univers de la BD est omniprésent. Outre les scènes tirées des ouvrages plus ou moins connus et des multiples échoppes vendant des bandes dessinées, on découvre aussi que les rues sont nommées en hommage aux plus célèbres illustrateurs, telle que la rue Hérgé. Pour se retrouver entre les différentes « bulles », il suffit de suivre le Fauve (prononcez « Fôve », avec l’accent) petit personnage en forme de chat, symbole de l’évènement et présent à tous les coins de rues pour guider les visiteurs. Rues où l’ont peut croiser un petit vendeur ambulant, âgé d’à peine 10 ans, qui « profite du festival pour essayer de faire connaitre sa BD ». Une vingtaine de pages sur le basket, écrites par un enfant inspiré par l’ambiance de la ville, et bien décidé à « participer un jour au festival, mais pas en tant que visiteur ! ».

Cette année encore, le Festival de Bande Dessinée d’Angoulême a rassemblé un florilège important d’artistes, auteurs comme dessinateurs, en quête d’une distinction. Le jury du FIBD, présidé par Baru, a décerné dimanche ses « Fauves », voici les résultats :
Prix 2011 du meilleur album : Cinq mille kilomètres par seconde (Manuele Fior, Editions Atrabile) Prix spécial du jury : Asterios Polyp (David Mazzucchelli, Editions Casterman) Prix de la série : Il était une fois en France, tome 4 : Aux armes citoyens (Fabien Nury, Sylvain Vallée & Delf, Editions Glénat) Prix révélation : La parenthèse (Elodie Durant, Editions Delcourt) et Trop n’est pas assez (Ulli Lust, Editions Ca et là) Prix regard sur le monde : Gaza 1956, tome 1 : En marge de l’histoire (Joe Sacco, Editions Futuropolis) Prix de l’audace : Les noceurs (Brecht Evens, Editions Actes Sud) Prix de la BD alternative : la revue L’arbitraire. Prix du Patrimoine : Bab-el Mandeb (Attilio Micheluzzi, Editions Mosquito) Prix Inter-génération : Pluto, tome 001 (Naoki Urasawa, Editions Kana) Prix de la jeunesse : Les Chroni-Kids, tome 3 (Zep & Stan, Editions Glénat) Prix du public : Le bleu est une couleur chaude (Julie Marot, Editions Glénat)
Enfin, le Grand Prix de la Ville est attribué à Art Spiegelman, le célèbre auteur de Maus, la première bande dessinée de l’histoire à avoir obtenu le prix Pulitzer. L’obtention de ce prix, décerné par tous les anciens lauréats du Grand Prix de la Ville, fait de lui le Président de l’édition 2012 du FIBD.