crédit : Philippe GrangeaudIls ne pensent qu’à « ça », les Ségolène, Aubry, Strauss-Kahn, Valls et autres : l’élection présidentielle de 2012. Qu’ils en parlent ou pas, l’échéance électorale qui conduit à la fonction suprême est présente dans tous les esprits et déjà ceux qui y prétendent appellent de leur vœux l’organisation de primaires.
« Sans rassemblement, il n’y aura pas de victoire possible », analyse Amine El Khatmi Secrétaire fédéral du PS, et c’est bien l’objectif du scrutin dont la date n’a pas encore été déterminée. Inspirées du système américain, les primaires doivent permettre de départager les aspirants à la candidature et faire émerger un champion incontestable. « Elles mettront fin à la division » estime encore le responsable du parti. « Ceux qui prendront le risque de ne pas soutenir l’élu seront obligés de s’expliquer devant les électeurs qui l’auront plébiscité. » Battus par Ségolène Royal en 2007, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn avaient été contraint de faire campagne pour elle mais ils l’avaient fait du bout des lèvres. Même François Hollande, premier Secrétaire à l’époque avait mollement appuyé sa compagne d’alors devenue rivale.
Le nouveau suffrage, ouvert aux sympathisants, devra permettre de donner plus de légitimité à celui qui sera désigné. Pourront voter tout les citoyens qui partagent un certain nombre de valeurs avec le PS. Un texte de référence devra être signé par eux pour s’en assurer. Pour participer, ces votants devront s’inscrire sur des listes électorales publiques moyennant des frais d’inscriptions. Optimiste, les concepteurs des primaires, au premier rang desquels Arnaud Montebourg espèrent qu’elles vont mobiliser des millions de personnes. Ils rêvent à une passion semblable à celle qui s’est déclenchée aux Etats-Unis portant Obama jusqu’à la Maison Blanche.
Reste un problème majeur, celui de la propreté du dispositif. Depuis le Congrès de Reims et l’élection contestée de Martine Aubry au poste de première secrétaire, le spectre de la fraude entache tout vote organisé par le Parti de la rose. Ségolène Royal, qui était apparue comme victime de Reims avait même un temps laissé entendre qu’elle pourrait se présenter hors parti craignant que ses malheurs ne se reproduisent. Des suspicions anticipées qu’Amine El Khatmi balaie du revers : « Il y aura des observateurs, des huissiers de justice, magistrats et avocats qui viendront contrôler la légalité du scrutin et garantir sa bonne tenue ».
Il ne sera donc théoriquement pas possible de douter de la validité du scrutin. « Tous ceux qui se porteront candidats prendront des engagements dont le 1er sera d’accepter les résultats » avertit El Khatmi. « Il faudra que les socialistes dépassent leur personne et acceptent le candidat choisi. » L’unité, c’est l’indispensable condition à laquelle la rue de Solferino pourra revenir aux responsabilités.