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Le foot français pique sa crise

samedi 21 janvier 2012, par Fabien Dézé

Des salaires à la baisse et des résultats sportifs en berne, le football français est malmené par la crise. Dans ce marasme, le PSG version qatari est le seul club à pouvoir s’installer prochainement dans le gotha européen.

Ils s’appellent Javier Pastore, Nênê, Diego Lugano, Mamadou Sakho ou encore Mohamed Sissoko, évoluent au Paris-Saint-Germain et émargent à plus de 300 000 euros bruts par mois. Alors que le PSG lutte actuellement pour la place de leader en championnat, il a déjà gagné celui des salaires. Depuis l’arrivée à sa tête de Qatar Investment Authority (QIA), le club parisien est entré dans une nouvelle ère économique et peut se permettre toutes les folies ou presque. Résumer la puissance financière des club français au PSG serait pourtant une erreur. L’Olympique de Marseille possède bien neuf joueurs au dessus de la barre des 200 000 euros par mois. Mais le club phocéen cherche absolument à réduire sa masse salariale pour retrouver un équilibre financier. Pour Jean-Jacques Gouguet, économiste au centre de droit et d’économie du sport (CDES), de nombreux clubs vont devoir réduire leur train de vie : "La masse salariale des équipes françaises est beaucoup trop importante. Elles ne peuvent pas se payer des superstars et essaient de s’offrir des joueurs à fort potentiel comme Gourcuff ou Lisandro, mais c’est déjà très cher. Il faut alors que les résultats suivent." Depuis quatre ans, l’Olympique Lyonnais a réalise de gros investissements sur des joueurs comme Keita, Gourcuff, Cissokho ou Lisandro. Mais durant cette période, les résultats escomptés n’ont pas suivi. L’OL a échoué trois fois d’affilée dans sa quête du titre de champion de France et peine en Ligue des Champions. Le club de Jean-Michel Aulas doit maintenant faire des économies comme le symbolise sa discrétion lors du dernier marché des transferts. "Les clubs s’endettent car ils pensent revenir à l’équilibre grâce aux performances sportives", reprend Jean-Jacques Gouguet. "Mais quand les résultats ne sont pas là, les achats ne sont pas rentabilisés".

La France plus raisonnable

La France ne vit pas non plus sur la même planète que ses voisins européens. Le salaire mensuel moyen en Ligue 1 est de 45 000 euros quand il s’élevait à 150 000 euros en 2008 en Premier League. Une équipe comme Saint-Étienne a même fixé un "salary cap" à 90 000 euros, le président Roland Romeyer proposant une variation des rémunérations selon "les performances individuelles et les résultats de l’équipe sur le terrain". A Ajaccio, le salaire cumulé de chacun des joueurs est égal à celui du seul Javier Pastore. La politique de la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) élargit également le fossé entre la France et les autres pays. "En France, certaines pratiques sont interdites", explique Jean-Jacques Gouguet. "On ne veut pas de clubs en faillites comme en Italie ou en Espagne. A l’étranger, certaines formations se servent du merchandising pour compenser leurs pertes. Les clubs français sont très respectueux de la loi et font attention à leurs finances. Est-on prêt à prendre des risques pour réussir à l’échelle européenne ?". L’arrivée des qataris au PSG est un premier pas. Mais pour les autres clubs, ce match là n’a pas encore commencé.

Fabien Dézé. crédit photo: george-co-nz

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