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Le prix HSBC s’expose à Metz

jeudi 1er avril 2010, par Ioanna Schimizzi

Pour une de ses expositions itinérantes, le prix HSBC a fait une halte dans l’Est de la France. Depuis le 15 octobre et jusqu’au 15 novembre, les photographies de Grégoire Alexandre et Matthieu Gafsou se dévoilent à l’Arsenal de Metz.

Après Paris et Lille, les photographies de Grégoire Alexandre et Matthieu Gafsou sont exposées à Metz, à l’Arsenal depuis le 15 octobre dernier. Ces deux jeunes hommes sont les lauréats du prix HSBC pour la photographie 2009. Depuis treize ans, ce concours a pour vocation « de soutenir les travaux de photographes professionnels encore peu connus, en les aidant à promouvoir et à valoriser leurs œuvres. » Cette année, douze dossiers ont été nommés par Olivier Saillard, le conseiller artistique. Les œuvres de Grégoire et Matthieu sont donc sorties du lot.

Au deuxième étage de l’Arsenal, les gens flânent et s’interrogent en regardant les différentes photos affichées. Certains sur la série de Grégoire Alexandre et d’autres sur « Surfaces », de Matthieu Gafsou. Mais place tout d’abord au photographe parisien. Grégoire Alexandre s’inspire beaucoup de son expérience dans le milieu de la mode. Sur vingt-quatre photos, la moitié met en scène des mannequins ou retranscrit l’ambiance des plateaux. Il met également les accessoires à disposition. Le spectateur peut par exemple observer une femme dont la tête est cachée sous un spot d’éclairage. Une autre apparaît comme une danseuse, habillée d’un jupon noir. A y regarder de plus près, le photographe a joué sur les perspectives. La demoiselle se trouve en fait dévêtue et une lampe, posée au premier plan sur des tréteaux, cache sa nudité. Des escarpins mis sous les feux des projecteurs et un mannequin entouré d’une grosse boule de papier complètent la série mode.
Crédit photo : Grégoire Alexandre

Dans toutes ces photos, le trentenaire insiste beaucoup sur la mise en scène, mais également sur la lumière, avec un fond blanc typique des plateaux photos. Puis, l’artiste passe à un univers plus décalé. Sur fond vert, il met en scène des hommes de la même couleur qui tiennent des fruits jaunes, ou un circuit de voitures miniatures. Sans oublier la boîte crânienne où deux roses blanches ont été plantées à la place des yeux. Quelques natures mortes dévoilent une nouvelle facette de Grégoire Alexandre. Reste la photo de la série qui accroche plus particulièrement le regard : une Fiat 500 bleue, ancienne version, remplie aux ras bords d’affaires. L’artiste, dans un film retransmis dans une petite salle explique « c’est un retour au bled, avec le coffre et le capot plein d’objets et de vêtements de luxe ».

Du côté gauche de la salle d’exposition, les seize photos de Matthieu Gafsou attirent elles aussi le regard des curieux. Peut-être moins hétérogènes que celles de Grégoire Alexandre, elles mettent également la lumière en valeur. La série « Surfaces » a été tournée en Tunisie, comme une sorte de documentaire. Le jeune Suisse a voulu faire témoigner le bouleversement d’un pays dit en voie de développement. Sur ces photos, le contraste entre les maisons abandonnées et les médinas luxueuses toutes neuves respirant le luxe frappe les esprits. La blancheur des pierres accentue la clarté du ciel tantôt gris, tantôt bleu. Matthieu Gafsou a voulu changer « le regard que l’on a d’habitude sur ce pays méditerranéen. » Ce qu’il réussit à l’aide de superbes jeux de lumière.

Ces artistes ont été sélectionnés et récompensés grâce à leur univers très différents et originaux. L’un, grâce à son passé dans le milieu de la mode a une vision très artistique et l’autre, plus jeune (Matthieu Gafsou est né en 1981), s’intéresse aux paysages et aux photos en extérieur. Le vrai bémol de cette exposition est l’absence de titre aux œuvres des photographes. Le spectateur a brièvement entendu dans le film le témoignage et les explications des deux hommes, mais intituler chaque photographie l’aurait aidé à comprendre le cheminement de chaque photographie et les sentiments que Grégoire Alexandre et Matthieu Gafsou voulaient transmettre.

Ioanna Schimizzi

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