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Les 116 habitants d’un foyer à la rue

mercredi 25 novembre 2009, par Julien Van Caeyseele

Plus de 100 personnes habitants le foyer de la rue David D’Angers sont à la rue depuis plus de 15 jours. Les élus n’ont pas souhaité rencontrer la délégation qui s’était rendue en mairie hier.

Cheick Camara (à droite) et des anciens membres du foyer vivent dans la rue depuis leur expulsion

Alors que Benoît Apparu, secrétaire d’Etat au logement, présentait ce matin, les mesures phares de son plan pour les sans abris, un drame humain se déroule dans le 19e arrondissement. Aucun élu, ni même le maire socialiste Roger Madec n‘interviennent. Avant l’expulsion, 48 personnes étaient officiellement sur la liste du foyer mais ce sont 116 occupants qui, grâce à la solidarité communautaire, pouvaient passer leurs nuits à l’abri.

Maliens, Sénégalais, Guinéens, Mauritaniens, voici les communautés principales qui composaient le foyer, fermé pour cause d’insalubrité. Le 27 octobre, les locataires ont été expulsés par la police. Ce foyer Aftam (association d’aide et d’accompagnement à l’hébergement) est détenu à 40% par la mairie, 40 % par la préfecture et enfin à 20 % par l’Aftam.

« Je suis indigné »

Depuis 15 jours, une grande partie des anciens occupants du foyer vivent où plutôt survivent dans des tentes. Cheick Camara est le porte-parole de l’association « Les Oubliés et les rejetés du foyer David d’Angers » et vivait au foyer depuis 2006 : « Je suis indigné par la situation, je pense que le parc immobilier de Paris est assez large pour ne pas mettre tant de personnes dans une précarité extrême ». Dans le froid, les membres de la communauté sont solidaires mais les conditions de vies sont spartiates : des tentes, un feu improvisé, des couvertures. Mohamed Koné, 19 ans, est au foyer depuis 3 ans : « c’est très difficile de vivre dans ces conditions, on ne demande pas l’impossible, juste d’avoir un toit ».

Les riverains solidaires

Après l’expulsion, les riverains ont pris fait et cause pour les membres de ce foyer qui existait depuis 1968. Daniel Kerboeuf habite dans une rue adjacente et s’indigne « on a découvert leur situation un matin et on tente de leur apporter du réconfort ». Nourriture, couvertures, tentes : les riverains se sont rapidement organisés pour prêter main forte à leurs voisins. « La solidarité existe et cela fait vraiment plaisir », précise Cheick Camara.

Des associations soutiennent les sans-abris. Comme Michaël Hoare , membre du CODAF (collectif pour l’avenir des foyers) : « On essaye de travailler avec les riverains pour mettre en place un groupe de soutien et de relayer le message aux autorités mais c’est vraiment compliqué ». Une délégation s’est rendu hier soir à la mairie du 19e, mais ni Roger Madec, ni Messaouda Charuel, adjointe au maire, chargée de la lutte contre l’exclusion n’ont souhaité rencontrer les expulsés du foyer. Pour donner plus de voix à leur mouvement, les anciens locataires organisent, demain à 18 heures, une fête musicale et gastronomique devant le foyer. Ils appellent tous les habitants du quartier à manifester leur solidarité. Le temps ne fait pas faiblir la détermination de Cheick Camara et des siens : «  Même s’il faut fêter Noël ici nous le ferons, mais j’espère que nous obtiendrons tous un logement d’ici là ».

Julien Van Caeyseele

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