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Les partis rament sur la toile

mardi 16 mars 2010, par abdel.pitroipa

Après avoir fait leurs preuves lors de la campagne présidentielle aux Etats-Unis, les sites de socialisations politiques débarquent en France. Sans grand succès jusqu’à présent, au PS autant qu’à l’UMP

Benjamin Lancar, le président des jeunes UMP en a fait l’amer constat. Face à un nombre d’inscrits en berne sur le réseau social du parti, il en est venu à contraindre les membres de son équipe qui trainaient les pieds de s’y créer un profil. Sous peine d’une sanction sévère, la démission pure et simple, ils ont été « invités » à s’impliquer dans la plate-forme communautaire, pour donner l’exemple.

Cette sommation est révélatrice d’un malaise, suscité par le manque d’intérêt des militants pour ces nouveaux dispositifs numériques destinés à les mobiliser. A l’heure des sites de socialisations comme Facebook qui en rassemble des millions, leur désertion à de quoi étonner alors qu’un outil ad hoc a été créé pour eux.

L’exemple américain comme modèle

Aux Etats-Unis, la formule avait pourtant rencontré un succès sans précédent lors des dernières élections présidentielles. Inspirés par la réussite de mybarackobama.com qui a grandement servi la campagne victorieuse de l’actuel président américain, les partis politiques français ont voulu faire de même. Mais quelques mois après le lancement des sites Créateurs de Possibles pour l’UMP et de la Coopol pour le PS, les résultats sont décevants. Le premier n’enregistre que 9000 inscrits environ, tandis que le second plafonne à 20 000.

« Les modes de militantisme ne sont pas les même en France qu’aux Etats-Unis », justifie Gilbert Cuzou, assistant parlementaire et militant du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). « La Coopol c’est surtout une plus-value dans le militantisme classique, mais ça ne viendra pas le remplacer », ajoute-t-il reconnaissant que les adhésions escomptées sont insuffisantes. Selon lui, il y a tout un travail d’initiation à cette nouvelle forme d’activisme politique qui reste à faire : « il y a une génération internet qui doit inciter les aînés à utiliser cet outil ». Mais les 18-35 ans sont-ils eux même mobilisés ? « On ne se demande jamais combien il y a de jeunes militants », rappelle Nicolas Hubé, membre du centre de recherche scientifique de la Sorbonne (CRPS). Les jeunes engagés en politique ne sont pas très nombreux et ils « ne trouvent pas forcément un intérêt à militer sur un clavier »

« Ca marchera au bout d’un moment »

Même son de cloche du côté de la majorité. « C’est le bouche à oreille qui va faire bouger les choses », pense Geoffroy Beaudot, militant des Jeunes Populaires en charge des filières professionnelles. Comme son homologue socialiste, il relativise sur le peu d’enthousiasme jusqu’ici manifesté à l’égard du réseau de socialisation. « Ce n’est pas un site qui a une ancienneté énorme (il a été lancé il y a 2 mois NDLR), les choses se mettent en place tout doucement, ça marchera au bout d’un moment ». Reste qu’on ne constate toujours pas de dynamique qui permette d’envisager un afflux massif à l’avenir.

Pour l’heure, on ne s’alarme pas outre-mesure d’un côté comme de l’autre. Le vrai objectif de ces agrégateurs d’idées et de projets reste l’horizon 2012. Dans une logique de démocratie participative, ils définissent d’ores et déjà les grands thèmes de campagne sur lesquels les candidats à la présidentielle s’affronteront.

Abdel Pitroipa

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