Contre toute attente, c’est le candidat UMP Jean-Pierre Bechter, 66 ans, qui a remporté dimanche les élections municipales de Corbeil-Essonnes (91), avec 53, 71 % des voix, contre 46,21 % pour son adversaire communiste Bruno Piriou. C’est la troisième fois en moins de trois ans que les habitants sont passés devant les urnes…
En effet, depuis le 26 mars dernier, la commune n’avait plus de maire. L’homme d’affaires Serge Dassault, à la tête de l’Hôtel de Ville de 1995 à 2009, avait vu son élection invalidée. Accusé d’avoir bourré les urnes en offrant 100 000 euros à des « loulous » du quartier des Tarterêts pour qu’ils fassent voter en masse pour lui, il avait été contraint par le Conseil d’Etat de quitter ses fonctions. Après quoi, son successeur et bras droit Jean-Pierre Bechter, avait lui aussi été obligé d’abandonner son poste, son élection ayant été invalidée par le Tribunal administratif de Versailles à cause de « l’utilisation abusive du nom de Serge Dassault, inéligible, sur tous les documents électoraux » et des « pressions faites sur les électeurs corbeil-essonnois par le biais de promesses d’emplois ou de sauvegarde des entreprises corbeil-essonnoises Helio et Altis ».
Alors que Bechter, aux côtés de Dassault, avait annoncé sa réélection avant même l’annonce officielle des résultats, Piriou, dépité, déclarait : « Il y a une économie parallèle dans cette ville. Il y a une fusion qui ressemble à des arrangements entre copains, voire peut-être par intérêt pour certains marchés ». Il faut dire que le troisième candidat « sans étiquette » Jean-François Bayle, autrefois adjoint de Dassault, n’obtenant que 7,52 % des voix au premier tour, avait appelé à voter pour la liste de Bechter.
Serge Dassault, patron du Figaro et ami du Président, présent sur la liste qui a remporté le suffrage, conservera un rôle important à la Mairie. « Ne vous inquiétez pas pour ça », avait-il sourit aux journalistes, dimanche soir.