L’ennemi public numéro 1 du moment, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qui distille au compte-goutte les quelque 250 000 câbles diplomatiques en sa possession, est critiqué jusqu’au sein de son propre camp. Deux anciens membres de l’organisation de hackers-journalistes, Daniel Domscheit-Berg et Herbert Snorrason, ont décidé de lancer un concurrent au site spécialisé dans la divulgation d’informations : OpenLeaks. S’il partage les mêmes valeurs que son grand frère, à savoir la lutte pour la liberté d’expression et la protection des sources, il ne fonctionnera pas exactement de la même manière.
La différence majeure avec WikiLeaks, c’est qu’OpenLeaks ne publiera pas directement de documents sur son site, mais les transmettra aux journaux et ONG partenaires. Le site ne sera qu’un « intermédiaire » entre les sources et les médias.
Mais pourquoi avoir lancé un nouveau site de « fuites » ? L’Allemand Domscheit-Berg, ancien porte-parole de l’organisation, et Snorrason, étudiant en histoire de 25 ans, en avaient marre de la personnalité autoritariste du charismatique et mystérieux Julian Assange. « Si vous prônez la transparence, vous devez l’être également, dans votre fonctionnement. Ce n’était pas le cas de WikiLeaks », a indiqué Daniel Domscheit-Berg au site Owni. Par ailleurs, les membres d’OpenLeaks comptent se faire bien plus discrets qu’Assange, qu’ils considèrent comme une vraie diva des médias.
Initialement prévu pour être fonctionnel lundi, openleaks.org affiche toujours crânement sur sa page d’accueil « coming soon » (ouverture prochaine) à l’heure où nous bouclons. « Nous ouvrons officiellement la plateforme, mais celle-ci ne sert pour l’instant qu’à présenter notre projet. Nous mènerons un premier galop d’essai début 2011, avec de petites rédactions, pour tester l’outil sans pression, avant de se tourner vers de plus gros médias. Mais nous croulons déjà sous les demandes », a révélé le dissident.