C’était l’année dernière. La pétition, intitulée « Quand la nuit se meurt en silence », avait fait l’effet d’une bombe. Les professionnels de la nuit y pointaient un dangereux durcissement des normes conduisant à de plus en plus de fermetures de lieux nocturne. Un porte-parole de Nuit Vive, collectif né de la pétition, explique : « La loi anti-tabac a généré énormément de nuisances auprès des riverains du fait de la « pratique » des trottoirs comme fumoirs. Ils ont porté plainte, ce qui a généré des fermetures administratives arbitraires ».
Depuis, les patrons des lieux festifs nocturnes ont présenté leurs doléances aux institutionnels lors des Etats généraux de la nuit, les 12 et 13 novembre derniers. Mickey, gérant du bar rock la Cantada II (13, rue Moret à Ménilmontant), n’a pas pu y participer, mais a son avis sur la question : pour lui, il faut prospecter avant d’ouvrir un établissement. « Quand tu as un bar, tu deviens en quelque sorte responsable du quartier aux yeux de tous. Voyant qu’on gérait le truc, les flics du XIe nous ont supplié de prendre l’autorisation de rester ouvert jusqu’à 4h le samedi. On a dit oui. Nous, on n’a plus de problèmes avec les riverains. La Mécanique Ondulatoire (passage Thière, à Bastille), elle, en a plein. Les riverains font pression, alors que tout est aux normes et qu’ils ferment plus tôt. Moi, j’ai pris mes précautions : il faut faire une étude avant d’ouvrir un bar ! »
Les Etats généraux ont donné quelques idées pour remédier aux problèmes rencontrés par les patrons de bars, comme subventionner l’insonorisation des établissements (« Si on me le proposait, je ne le ferais pas, commente Mickey. J’ai un look, un cachet, je n’en veux pas, de leur truc. J’ai déjà des « limitateurs » de bruit ») ou faire de la médiation, arrondissement par arrondissement. Mais pour Nuit Vive, il reste encore beaucoup de chemin à faire, notamment concernant les transports.
Cela dit, selon le collectif, « la médiation est en cours, et on a envie d’y croire. La pétition a permis d’instaurer un véritable échange entre la préfecture, les institutionnels, les riverains… » Aussi, pour donner le coup d’envoi, Nuit Vive et la Mairie de Paris ont organisé les Nuits Capitales, du 17 au 21 novembre, avec des concerts et autres soirées dans différents lieux de la capitale comme L’International ou Le Point Ephémère. « Tous ont joué le jeu dans différentes mesures, selon leurs moyens économiques. Les patrons sont ravis car on a mis en lumière leur activité. Il ne s’agit pas de créer plus d’offres, mais de mieux communiquer », rappelle le porte-parole de Nuit Vive. Car ce ne sont pas les occasions de faire la fête qui manquent à Paris…
