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Pas de trêve pour les mal-logés

mercredi 17 mars 2010, par Julien Van Caeyseele

La quatrième édition de la Caravane des mal-logés a sillonné le Nord de la France pour aller à la rencontre des personnes en difficulté. Le droit au logement (DAL) et des associations vont à la rencontre des précaires pour sensibiliser et informer alors que la trêve hivernale est terminée.

Le bus de la caravane des mal-logés

« Il y a déjà de nombreux SDF, ce n’est pas la peine d’en rajouter ! », s’insurge Philippe Deltombe. Le président du DAL Nord-Pas-de-Calais ne cachait pas son inquiétude sur la fin de la trêve hivernale, le 15 mars, qui empêche les expulsions de personnes de leurs logements. Du 8 au 23 mars, le DAL et des associations membres du RéSEL-le réseau Stop aux Expulsions de Logements- ont sillonné le nord et l’est de la France pour expliquer aux citoyens leurs droits en matière de logement. Un problème qui touche toute l’Europe. La caravane a également fait halte en Allemagne et en Belgique. Sans-abris, mal-logés, menacés d’expulsion, chômeurs, étudiants : en France, 10 millions de personnes sont concernées. « Lorsque les gens ont décidé de se battre, notre rôle est de les accompagner », explique-t-il « Des logements pour tous », c’est ce que désire le porte-parole de la Fédération DAL. Le but de cette caravane est d’accompagner les personnes dans leurs démarches administratives. « Les gens ne connaissent pas leurs droits et les huissiers outrepassent souvent leurs pouvoirs », poursuit Philippe Deltombe. La caravane assure donc un soutien moral ainsi qu’une aide technique et juridique. La caravane a insisté sur trois catégories principales : l’accès au logement, la lutte contre l’insalubrité et la lutte contre les expulsions. « Seuls 40 % de demandeurs Dalo sont relogés et la moitié le sont souvent de leur propre fait : nous souhaitons donc accompagner les mal-logés dans leurs démarches ».

Rencontre à Bruxelles

Les premières étapes de la caravane : Dunkerque, Calais, Arras. « L’ancien secteur minier est particulièrement touché par les problèmes de logement », constate Philippe Deltombe. Le 13 mars, la caravane a fait étape à Lille pour une manifestation contre la fin de la trêve hivernale et la reprise des expulsions locatives, L’itinéraire a ensuite conduit la caravane à Metz et Strasbourg. Mais « le logement n’est pas un problème franco-français » et dans une optique de vision européenne, le convoi à fait étape en Belgique, à Charleroi et Bruxelles. Une délégation du collectif a même rencontré les membres du groupe Urban de la Commission européenne, qui s’occupe du développement des villes et quartiers en crise de l’Union européenne. Après la Belgique, la caravane s’est également rendue à Offenbourg, dans le sud-ouest de l’Allemagne. L’itinéraire de la caravane n’a pas été choisi au hasard et la période du 8 au 23 mars n’est pas non plus une coïncidence. Pendant les élections régionales les membres du Dal ont fait entendre leur voix auprès des élus potentiels. « Même si les régions ne possèdent pas la compétence en matière de logement il est important de faire passer notre messages aux personnalités politiques car leurs voix comptent », poursuit le porte-parole de la fédération du DAL. La caravane a également des revendications : la construction massive de logements sociaux, la réquisition systématique des logements vacants et l’arrêt des expulsions locatives. « Le logement est un droit et nous sommes prêts à nous battre pour le faire respecter il nous est déjà arrivé de dégonfler les pneus des camions de déménageurs », affirme cet habitué des gardes-à-vue. Les huissiers sont prévenus.

Julien Van Caeyseele / Photo: Fédération DAL

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