Qui veut la peau des climatologues ? Ces « climate skeptics », comme on les appelle Outre-Atlantique, rejettent l’idée que l’homme est en train de provoquer un réchauffement climatique. Mais ce courant est très divers. Il regroupe des climatologues qui ne sont pas en accord avec les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), comme Richard Lindzen et Marcel Leroux. Mais aussi des scientifiques qui ne sont pas spécialistes du changement climatique mais qui s’immiscent dans le débat, comme les français Vincent Courtillot et Yves Lenoir, ou encore des agitateurs politique comme Claude Allègre. Et bien sur, ces sceptiques sont suivis par une bonne partie de complotistes, qui contestent la réalité du 11 septembre ou de l’alunissage américain en 1969.
Leurs motivations ? Les sceptiques veulent montrer au monde que les théories sur le réchauffement climatiques ne sont pas certaines, voire qu’elles seraient fausses. Ils s’appuient par exemple sur l’impact des cycles solaires sur l’évolution du climat ou encore sur l’inexactitude supposée des données relevées par le GIEC comme les courbes de températures. « L’utilisation de l’eau des nappes phréatiques pour l’agriculture intensive pose problème. L’eau qui s’évapore retombe dans les mers. Ce mécanisme pourrait entrainer une augmentation du niveau de la mer comprise entre 1 et 2 mm », affirme par exemple Yves Lenoir, ingénieur à l’Ecole des Mines en Mathématiques appliquées. Mais derrière ces théories scientifiques, certains sceptiques critiquent aussi les décisions des politiques. Ils affirment que ceux-ci se basent sur des théories incomplètes pour imposer une vision globale du monde. Un argument proche des théories du complot classique. Le mouvement politique Solidarité et Progrès par exemple affirme que « la thèse du réchauffement climatique a été lancée non en raison d’une erreur scientifique de départ, mais pour justifier une politique qui détruit l’avenir de l’humanité. » Ni plus, ni moins. La sphère sceptique est aussi décrédibilisée par l’impact des lobbys pétroliers. Aux Etats-Unis, une bonne partie des scientifiques qui remettent en cause le réchauffement climatique sont subventionnés par des groupes pétroliers. Vincent Courtillot, géophysicien opposé à la théorie du GIEC, est financé par Total et Schlumberger, une des plus grandes compagnies de services pétroliers. Même s’il nie que ces financements influencent ses théories, la question de son indépendance reste ouverte.