Déménagement ou extension ? L’avenir du tournoi de Roland-Garros est aussi incertain qu’un tie-break disputé. Pour Gilbert Ysern, patron du tournoi « ce serait un crève-cœur » de quitter la Porte d’Auteuil. Cependant, le deuxième rendez-vous des tournois du Grand Chelem pêche par le niveau de ses infrastructures par rapport à l’Open d’Australie, Wimbledon, en Angleterre et l’US Open, aux Etats-Unis. Francesco Ricci Bitti, président de la Fédération internationale de tennis (FIT), a même mis la direction du tournoi face à ses responsabilités en laissant planer des menaces sur l’avenir de la compétition. Le danger : voir un tournoi Masters 1000 comme celui de Madrid (juste en-dessous des tournois du Grand Chelem) supplanter Paris. D’ailleurs, il se dispute sur terre battue depuis deux saisons après avoir été un tournoi indoor entre 2002 et 2008, et bonus, a un toit rétractable à l’inverse du tournoi parisien. Pourtant, la décision d’entreprendre des travaux piétine, selon le président de la FIT. Seule certitude pour l’heure, Roland-Garros se disputera Porte d’Auteuil jusqu’en 2015.
La direction du tournoi est en bute à l’opposition de riverains, de certains artistes ainsi que de quelques élus opposés à Bertrand Delanoë. Parmi eux, le maire UMP du 16e, Claude Goasguen, qui souhaite cependant conserver le tournoi dans son arrondissement. Les opposants veulent conserver intact les serres d’Auteuil où devrait se faire l’extension du stade de Roland-Garros. Mais même ce projet de réaménagement ne garantit pas que les Internationaux de France puissent conserver son rang de tournoi majeur dans quelques années. La FFT a donc lancé un appel d’offres pour la reprise de l’évènement. Quatre villes se sont portées candidate pour recevoir l’évènement sportif : Evry, Marne-la-Vallée, Gonesse et Versailles. Ce projet de déménagement coûterait environ 600 millions d’euros. Pour le moment, « rien n’est décidé, ni dans un sens, ni dans l’autre », précise-t-on à la FFT.

La mairie de Paris est contre le déménagement. Bertrand Delanoë souhaite ardemment garder le tournoi dans la capitale et pousse le projet d’extension proposé par la FFT. Agrandir le complexe de Roland-Garros d’au moins cinq hectares comme souhaité, coûterait de 200 à 250 millions d’euros. L’idée est de construire un nouveau court de 5 000 places pour 2 000 m², qui serait entouré de serres, afin de donner un espace accueillant aux spectateurs. Depuis 1928, les meilleurs joueurs du monde s’affrontent Porte d’Auteuil, chaque printemps. En dépit de la dimension historique du tournoi, la FFT met Paris est mis en concurrence avec la banlieue pour accueillir le tournoi à partir de 2016. La mairie de Paris se déclare « confiante » quant à l’issue de la décision. « Cela représenterait une immense déception si le tournoi était déplacé », concède-t-elle.
La FFT qui doit prendre sa décision en février, joue sur tous les tableaux. D’un côté, elle développe le projet d’extension à la Porte d’Auteuil. De l’autre, elle examine les projets d’Evry, Gonesse, Versailles et Marne-la-Vallée. La proposition de cette-dernière paraît des plus alléchantes : 35 hectares quand Roland-Garros ne dispose que de seulement de huit hectares et ne pourra, dans le meilleur des cas, n’en offrir que 13 avec l’extension. Les joueurs, avec leur armada (coach, kinésithérapeute, préparateur mental, proches, et c…) ressentent le manque d’espaces. Pour autant, ils restent attachés à ce que le tournoi reste dans la capitale à l’image du numéro 2 mondial suisse, Roger Federer. Un soutien non négligeable pour la mairie de Paris et les partisans du projet d’extension. Dans le cas contraire, les joueurs de tennis pourraient avoir le sentiment d’être les nouvelles attractions de Marne-la-Vallée à côté de Mickey ou du « Space Mountain ».