
Quelques stars, des strass et des paillettes : les NRJ Music Awards étaient à l’antenne de TF1 le 22 janvier dernier. Deux des grands gagnants étaient Jenifer et M Pokora, respectivement « Artiste française féminine de l’année » et « Artiste français masculin de l’année ». Et pourtant… « Appelle-moi Jen » est disque de platine mais ne s’est vendu qu’à 60 000 exemplaires pour le moment quand sa concurrente Mylène Farmer a vendu 500 000 copies de « Bleu Noir ». Quant à M Pokora, il a atteint les 80 000 ventes pour sa « Mise à jour ». Un chiffre honorable mais bien loin de Christophe Maé et ses 600 000 « On trace la route » vendus. Issus de la téléréalité et soutenus par les majors, ils ne font cependant pas le poids face à des artistes plus expérimentés comme Yannick Noah, qui a rempli le Stade De France en septembre 2010. Car la scène, en petit ou grand format, semble être un terrain que les artistes privilégient de plus en plus. Les chiffres de fréquentation des festivals comme « Rock en Seine », « l’Interceltique de Lorient » ou « les Vieilles Charrues » s’annoncent très bons avec 5,76 % d’augmentation sur l’année 2010, selon un sondage de France Festivals. Et contrairement à TF1, France 2 tend à privilégier les artistes très présents sur scène même si leur aura médiatique est moins étendue.
La scène comme révélateur

Ben l’Oncle Soul, Gush, Zaz ou les Plasticines, autant d’artistes qui ont fait leurs armes sur la scène additionné avec quelques collaborations pour le premier (avec Hocus Pocus). Même Camélia-Jordana, troisième de la Nouvelle Star en 2009, s’est servie de la scène comme terrain de jeu pour fidéliser son public. Surtout, les concerts sont de plus en plus prisés par les amateurs de musique en mal d’authenticité. Le constat est clair. Depuis le début des années 2000, l’industrie du disque va mal par la faute au téléchargement illégal. Pour autant, la musique que promeuvent les grandes majors – dont le chiffre d’affaires est en baisse de 5,9 % en 2010 – attire de moins en moins les consommateurs vers l’objet « disque ». 7,3 % : c’est le chiffre de la baisse physique des ventes relative à l’édition de la musique pour l’année dernière que ne compense pas l’augmentation des téléchargements « légaux » (+35 % pour les albums et 25 % pour les singles). La découverte des jeunes talents et la redécouverte des certains, plus expérimentés, se font donc grâce la scène. De plus en plus loin des projecteurs des téléréalités musicales. Nouvelles stars, mais de la scène.