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Tigre celtique, le retour

jeudi 26 janvier 2012, par Emmanuelle Grimaud

Un an après avoir conclu un plan de sauvetage de 85 millions d’euros, l’Irlande est sur le point de sortir du gouffre. Ses voisins européens ne tarissent pas d’éloges à son sujet et la considèrent même comme un exemple.

Tout s’est finalisé un dimanche soir de novembre 2010, à l’issue d’une réunion convoquée de toute urgence à Bruxelles. L’Irlande devenait alors le deuxième pays de la zone euro, après la Grèce et avant le Portugal, à recevoir un plan d’aide international de 85 millions d’euros. Un an plus tard, miracle, la croissance a officiellement redémarré en Irlande. Ses bailleurs : le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne, lui ont même adressé le mois dernier leur quatrième satisfecit d’affilée.

Le pays qui enchaîne les mesures d’austérité a divisé par trois son déficit public et renoué avec la croissance. Les pays européens en font l’exemple d’un sauvetage réussi. Pour Angela Merkel, la chancelière allemande, l’Irlande est devenue un « superbe exemple ». Et pour cause, le pays du trèfle aligne les bons chiffres : le déficit public, qui atteignait près de 32% du PIB en 2010, devrait passer sous la barre des 11% cette année, le secteur bancaire, à l’origine du naufrage budgétaire, a été totalement recapitalisé et restructuré, la croissance est repartie en légère hausse. Elle devrait atteindre 1,6 à 2% cette année et la profitabilité des entreprises s’est nettement redressée. Des résultats inattendus obtenus grâce à une politique budgétaire plus que drastique et des mesures d’austérité très mal accueillies par la population comme la baisse symbolique des salaires y compris dans le secteur privé ainsi que la chute des loyers. Dans un premier temps, le programme a été considéré comme une humiliation par les Irlandais. Il a d’ailleurs coûté son poste au Premier ministre, Brian Cowen et dont le parti, le Fianna Fail, a été balayé lors des élections législatives anticipées de février dernier.

La crise de la zone euro menace l’Irlande L’île que l’on surnommait le « tigre celtique » pendant la période de forte croissance économique des années 90 à 2002, suit à la lettre le plan de sauvetage signé il y a un an. Mais cela peut-il suffire ? Pour nombre d’économistes, malgré un début de redressement économique, l’Irlande est loin d’être tirée d’affaire. Sa croissance vient pour une grande part des exportations, dont 40% se dirigent vers la zone euro. L’impact de la crise de la zone euro sur les exportations irlandaises pourrait être, à terme, désastreux. D’autant que la demande intérieure est totalement déprimée, usée par la rigueur (trois plans d’austérité en trois ans) et un taux de chômage qui atteint des niveaux record (441 000 personnes). L’austérité a surtout pesé sur les ménages : suppression de 25 000 postes de fonctionnaires, hausse de la TVA, baisse du salaire minimum, baisse des pensions de retraite et du salaire des fonctionnaires, création d’une taxe foncière, etc. Selon un récent sondage, 55% d’entre eux estiment que l’Union européenne est mal dirigée mais 67% pensent qu’il vaut mieux en faire partie. Quoi qu’il en soit l’Irlande donne un signe d’espoir pour d’autres pays européens en difficulté.

Emmanuelle Grimaud Photo: Forbairt

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